Nutrition infantile

Nutrition des prématurés : une courte période, un impact à vie

Une naissance prématurée interrompt une phase essentielle de croissance. Les premières semaines constituent donc une période clé pour répondre aux besoins nutritionnels du bébé et soutenir son développement.

29.07.2026
Fasska

Des besoins nutritionnels spécifiques

Au troisième trimestre, le bébé grandit rapidement et constitue ses réserves nutritionnelles. En cas de naissance prématurée, ces réserves sont plus faibles alors que les besoins restent élevés.

Le lait maternel demeure l’alimentation de référence. Mais il ne fournit pas toujours suffisamment d’énergie et de protéines aux prématurés. L’OMS, l’ESPGHAN et l’AAP reconnaissent donc l’intérêt de l’enrichir. Lorsqu’il n’est pas disponible, une préparation spécifique pour prématurés peut aider à couvrir leurs besoins.

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La période postnatale constitue une fenêtre unique durant laquelle une nutrition adaptée peut influencer durablement la santé et le développement des prématurés.

— Synthèse des données scientifiques sur la nutrition des prématurés

Protéines : trouver le juste équilibre

Les protéines sont indispensables à la croissance, mais leur apport doit être adapté au métabolisme encore immature du prématuré. L’ESPGHAN recommande au minimum 1,5 g/kg/jour par voie intraveineuse, avec un objectif pouvant atteindre 3,5 à 4,0 g/kg/jour.

Des études montrent qu’un apport précoce et adapté en protéines et en énergie est associé à une meilleure croissance et à de meilleurs résultats développementaux à 12 et 24 mois.

Énergie : soutenir une croissance intense

Durant les premières semaines, le développement du cerveau peut mobiliser jusqu’à la moitié de l’énergie consommée. Selon l’AAP et l’ESPGHAN, les besoins se situent généralement entre 100 et 135 kcal/kg/jour par alimentation orale ou entérale, et entre 85 et 110 kcal/kg/jour par voie intraveineuse.

Ces apports sont adaptés à chaque bébé afin de soutenir au mieux son métabolisme, sa croissance et son développement.

Microbiote intestinal : croissance et immunité

Le microbiote intestinal participe à l’utilisation des nutriments et au développement du système immunitaire. Chez les prématurés, il est notamment influencé par l’âge gestationnel, le mode d’accouchement, les antibiotiques et l’alimentation.

Le lait maternel favorise le développement de bactéries bénéfiques, notamment grâce à ses oligosaccharides. D’autres composants, comme les HMO, la lactoferrine et les probiotiques, sont également étudiés, mais les données restent insuffisantes pour certaines recommandations formelles.

Un déséquilibre du microbiote chez les prématurés est notamment associé à un risque accru d’entérocolite nécrosante.

Conclusion

Les premières semaines après une naissance prématurée sont déterminantes. Une nutrition adaptée en protéines et en énergie, associée au soutien du microbiote intestinal, contribue à la croissance et au développement du bébé.

Le lait maternel reste la base de l’alimentation lorsqu’il est disponible, avec des fortifiants ou des préparations spécifiques lorsque des apports supplémentaires sont nécessaires.

Le lait maternel est l’alimentation recommandée pour les nourrissons, sauf avis contraire de l’équipe médicale spécialisée en néonatologie.